Fais-toi micro éditer!

mai 18, 2010 § 2 Commentaires

Ces dernières semaines, je me suis intéressée à la micro édition.  Entendons-nous, je ne parle pas de l’édition sur micro ordinateur mais de l’édition de livres de dessin « Do it Yourself ». A savoir:

« Autofinancée, autodistribuée, alimentée par la passion de quelques uns à produire des livres rares, uniques avec le plus grand sérieux, dans le souci d’une belle finition, du détail ou d’un contenu important, nécessaire. »

J’ai été conviée à prix libre au Grand Salon de la Micro Edition.

Bien que l’idée générale du concept m’ait paru à ce moment assez floue, j’ai plus ou moins su ce à quoi je pouvais m’attendre en me rendant là-bas. Les murs de Lyon constellés d’affiches au style très particulier, les procès à répétition pour « affichage sauvage », les comités de soutien… Tout l’underground un poil révolutionnaire de la ville ne jurait que par ça.

La punk qui sommeille en moi a donc décidé d’y faire entrer sa paire de baskets.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, j’aimerais planter le décor. Pour ceux qui ont déjà eu l’occasion de se rendre dans une friche artistique autogérée (autrement dit, un squat bourré d’artistes), ils verront ce à quoi je fais référence.

Les locaux d’une entreprise abandonnée pris d’assaut par l’association « Grnnd Zero », organisatrice de concerts. Moquette vintage, murs décrépis, même l’odeur fait « années 80 ». Et au milieu de tout ça: des tables, des chaises, un bar de nourriture/boissons à prix libre bien entendu, et des artistes, partout. Généralement,  l’artiste micro édité n’est pas un artiste fashionnisé. Il est l’inverse de tout ça. Il dénonce, il refuse le mondialisme et met son art au service de ses idées. Grosso-modo c’était ça.

Ils étaient donc assez nombreux à venir des quatre coins de la France, rassemblés par collectifs.Rez-de-chaussée réservé à des ateliers de sérigraphie, fabrication de fanzine, peinture, pochoirs sur T-Shirt, tout ça bien entendu ouvert au public et gratuit, et un étage pour les exposants. Après quelques tours, j’en suis venue à la conclusion que ce qui réunit ces artistes, ce n’est pas uniquement le concept de leur moyens d’ édition mais aussi leurs idées et leurs inspirations. Quoique les trois choses finissent par paraître étroitement liées.

J’ai retenu ça:

Affiche concert Interpol et Blonde Redhead, Arrache-toi un oeil

Hunch

Editions La Femme à Barbe

Editions Icinori by Raphael Urwiller and Mayumi Otero

La micro-édition regroupe beaucoup de choses en fait. Bandes dessinées érotisées à souhait, illustrations mignonnes et poétiques, fanzines d’inspiration américano/musicale, affiches de concerts, essais, romans et j’en passe.

L’endroit n’était selon moi pas idéal pour ces expositions car la moquette puante et les vieilles cassettes de punk anar  qui tournaient en boucle m’ont très vite donné envie de sortir. Mais après réflexion, j’en redemande.

Pour plus d’infos sur les artistes et maisons d’éditions:   http://www.grand-salon.fr/

Playin for change

mai 17, 2010 § Poster un commentaire

playin for change - Peace Through Music

La musique est universelle. Elle traverse les cultures, éradique les frontières et rassemble les gens. Ces deux dernières années, avec l’apparition massive des médias dit sociaux et du collaboratif, nous voyons de nombreux projets voir le jour.

Bon, une collaboration musicale, ça ne vous dit rien ? Pour ceux qui suivent ce blog depuis le début – nous avions déjà évoqué la tentative du youtube orchestra qui à défaut d’avoir fait un splash rettentissant sur la toile a au moins le mérite d’avoir existé.

Nous voilà, deux ans plus tard et le projet playing for change existe, lui, bel et bien et a connu un vrai succès. C’est normal me direz-vous lorsque que l’on voit le résultat produit. Playing for change, c’est tout simplement utiliser les possibilités offertes par le multimédia et internet pour créer une collaboration musicale mondiale. En d’autres termes…

« C’est le passage du « home studio’ au « world studio ». L’idée est de faire collaborer des musiciens autour de la planète, pour que chacun joue le même morceau suivant sa sensibilité et les codes rythmiques de sa culture. – François Alvarez – Music Story« 

Je vous conseille vivement le site, plutôt bien fait qui retrace l’aventure de chaque participant à ce projet permettant de mieux comprendre le mouvement que ce projet réalise.

Et non content d’avoir rassembler des  musiciens « méconnus » pour un joli titre s’est payé le luxe au combien séduisant de nous régaler d’un album compil. Plus campagne marketing à la clef.. Il n’y a pas à dire, certains on de la suite dans les idées.

http://www.playingforchange.com/

écoutez l’album

Que devient le web sémantique ?

mai 11, 2010 § Poster un commentaire

the-opte-project - carte de l'interent

La vidéo qui suit, nous instruit sur le web sémantique, ses particularités et ses enjeux.  En effet, bien que ce terme soit à la mode, force est de constater qu’il n’est pas compris de tous. je vais donc tenter une explication brève pour clarifier les choses. Si vous n’êtes pas d’accord, n’hésitez pas à me le faire savoir 🙂

C’est quoi le web sémantique ?

Si je m’en réfère à la définition de wikipédia  « Le Web sémantique désigne un ensemble de technologies visant à rendre le contenu des ressources du World Wide Web accessible et utilisable par les programmes et agents logiciels, grâce à un système de métadonnées formelles, utilisant notamment la famille de langages développés par le W3C[1]. « 

Ok… mais plus clairement ?  Le web sémantique peut-être défini par l’ensemble des mots qui définissent les relations entre chaque concept sur Internet. Ces concepts sont caractérisés par des données, on appelle chaque relation les métadonnées (les données des données…).

Les métadonnées vont permettre une chose très simple : contextualiser les données initiales dans le but de mieux les comprendre et ainsi, les analyser.  En effet, chaque concept a son importance : Vous pouvez par exemple voir ici la carte ontologique (liée à l’être) du riz sur internet. On appelle ça un mind-mapping. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais cela démontre bien l’importance et la vaste envergure que peut porter un tel projet. Il existe aussi ce genre de carte pour les émotions les produits conso, l’argent..

Bref si la question vous interpelle, je vous conseille de jeter un œil à la Google wonder wheel, qui propose d’explorer le web de façon alternative. C’est une bonne façon d’aborder la construction sémantique de ces arbres à concept. La preuve  que Google n’est pas  indifférent à l’enjeu du web sémantique.

web sémantique et riz

Carte ontologique du riz sur le net (étude des relations)

En effet, ce que nous explique cette vidéo, c’est que le web n’est pour le moment (et Google n’y peut encore et toujours rien) qu’un amas gigantesque de données inutilisées : cela se caractérise par le web profond. En effet, de nombreuses personnes travaillent sur le sujet. Chaque e-mail, photos flicker, balisage est une information qui appartient au web profond. En d’autres termes le web profond peut se caractériser par l’ensemble des données que l’on ne trouve pas via les moteurs de recherches (mais visible en ligne)

Pourquoi vouloir explorer le web profond ?

Le web profond regorge de données en tout genre et tout l’enjeu reste alors d’avoir les outils et le recul nécessaire pour analyser ces flux de données. Une fois ces données facilement indexables ou classées, l’enjeu reste l’analyse et, c’est à ce moment qu’apparait l’enjeu du web sémantique (et de son analyse par les relations entre chaque données)

Mais si l’on veut pouvoir indexer correctement chaque donnée, il s’agit de savoir nommer chaque donnée, et le problème apparait lorsque tout le monde ne nomme pas chaque donnée. En effet, tout le monde n’est pas expert en base de données ou ne voit pas l’intérêt de bien nommer ses publications. C’est en quelques sortes vers cette utopie d’une taxinomie parfaite que Google cherche à nous emmener. Pour résumé, il s’agirait de transformer le web en gigantesques base de données (mettre le web dans un tableau Excel). La taxinomie étant l’art de bien nommer les choses – un science des classifications (vous savez, cette histoire de tags…)

Critique, construction et enjeux du web sémantique.

Tout le monde n’est pas d’accord sur le sujet, pour certains le web sémantique est un terme éculé car trop souvent utilisé par les agences marketing, histoire de se faire mousser un peu. Pour d’autres, le web sémantique ne reste qu’une utopie, car on ne peut atteindre un tel résultat qu’en le rêvant.

théorie pratique
«
La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne… et personne ne sait pourquoi !»
[ Albert Einstein ]

Bien sur le web sémantique a un lien innée avec le projet d’internet des objets, ce projet planétaire qui vise à relier tout les objets entres eux, à inter-connecter le web au reste du monde via l’outil Internet. Je vous laisse réfléchir la dessus avec cette vidéo promise en début d’article. 🙂

Le trafic routier prends des couleurs

mai 10, 2010 § Poster un commentaire

street color painting

Utiliser les déplacement du trafic routier pour créer une œuvre d’art à part entière. C’est l’idée l’idée originale du projet Farbenmeer qui s’est déroulé en Allemagne à Berlin.

En effet, voici un bel exemple d’utilisation de l’environnement urbain afin de créer des oeuvres originales.

Chaque couleur corresponds alors à une entrée de carrefour. Les véhicules roulent sur la peinture et indiquent leur trajectoire. La couleur la plus présente corresponds à la route avec le plus de passage. Simple mais joli.

A noter que ça peut donner un peu de vie dans les bouchons 😉

Puis, je ne sais pas ce qu’on dit les flics mais vu du ciel il faut admettre que la terre vu du ciel, ça a du charme ( non je ne fais pas allusion à toi Yann-Arthus)

sources :
http://infosthetics.com/archives/2010/05/farbenrausch.html
http://www.urbanophil.net/index.php/allgemein/ein-farbenmeer/

Des livres à écouter: litterature audio.com

mai 7, 2010 § Poster un commentaire

L’association « Des livres à lire et à Entendre » propose un vaste gamme de livres audio téléchargeables gratuitement, dans le but d’aider dans un premier temps les non-voyants et malvoyants, mais aussi pour nous proposer des oeuvres littéraires à tous ceux dont la lecture peut poser problèmes.

Ces livres audio sont téléchargeables (mp3) directement sur le site et sont lus par des bénévoles. Alors, si l’envie vous prends de re/découvrir des bouquins en agissant pour une bonne cause, n’hésitez pas à les contacter.

Mais entrainez-vous quand même avant de commencer toute proposition,c’est pas si facile de lire à haute voix.

ABC du libertaire - livre audio

source : www.litteratureaudio.com

Fear.less : La peur, ce sentiment idiot

mai 6, 2010 § Poster un commentaire

Fear.less fait partie de la famille des micros-magazines que l’on peut trouver gratuitement sur la toile.  Le thème de ce micro-zine ? Explorer la peur sous toutes ses facettes.

40 pages téléchargeables de témoignages et autres indications sur l’émotion la plus primitive de l’Homme.

Ce magazine commence par le témoignage très frais de Mawi Agesdom – qui a vécu son enfance dans un camp de réfugies en Afrique  (Ethiopie) puis a émigré aux US.  A force d’acharnement et après avoir perdu son « best friends » qui fut alors percuté par une voiture. Il se décide de se consacrer au travail. Travail sur lui même dans un premier temps puis se dédie à sa vocation d’étudiant et se disant – je vais faire de mon mieux – juste pour moi -. Il gagne de  cette façon une bourse pour Harvard, puis écris un bouquin.Il tient maintenant des conférences sur le sujet auprès des jeunes.

fear - nLif 2010

image réalisée par nLif

Ce qui me touche dans cette histoire (et dans ce micro magazine en général), c’est cette façon d’aborder puis de combattre le sentiment de la peur, du doute, du manque de confiance en soi qui nous touche tous, avec plus ou moins d’ampleurs. C’est traiter le sujet d’un point de vue positif et fondamentalement humain qui nous donne envie de persévérer mais aussi de croire en nous, en nos possibilités.

En effet Mawi, ici ne présente pas le côté affreux et paralysant de la peur, mais bel et bien son côté bénéfique. La partie du problème qui nous pousse dans nos retranchements et nous incite à nous dépasser. Il évoque aussi de façon lucidele fait que nous connaissons les pensées qui nous font du mal  et provoque en nous la tristesse, la dépressions, ainsi que celles qui nous font aller de l’avant.

Il résume alors cet esprit sous un seul mot : Courage !

Donc ce micromag joue sur la peur,c’est vrai mais pas  d’une façon néfaste, celle paralyse, apathise, qui nous empêche de croire en nous, de ne pas faire face aux problèmes, en bref qui nous propose de nous la fermer et de vivre comme un plouc..

Je connais de nombreuses personnes autour de moi qui ont peur, peur de l’échec certes mais aussi par bien des fois peur de la réussite. Il s’agit du même sentiments au fond, notre cerveau reptilien qui contrôle nos pulsions les plus primaires et qui nous incite à agir comme un chien pourrait le faire, de mordre, aboyer où de retourner à son panier d’osier pour y gémir.

Mano Solo ne disait il pas  » ce qui compte c’est pas l’issue mais c’est le combat », c’était le défi de Mami, il l’a réussi.  Il souhaitait, pour sa part faire du mieux qu’il pouvait dans ses études.

C’est d’autant plus intéressant que je trouve ce magazine le jour ou je cherche à remplir mon formulaire pour les US et ou je me dis qu’ils sont paranos ces américains..

Ne pas avoir peur de la chute nous permets bien souvent d’aller au delà de ses espérances.  Ce sont là les mots d’un mec qui n’a pas encore fait ses preuves, mais qui le saura tantôt !

fear.less –  mag à découvrir – gratuit et à partager.

l’Art et la Science – vers une coopération ?

mai 2, 2010 § 3 Commentaires

Plusieurs articles sont apparus récemment sur le sujet de la relation complémentaire entre l’Art et la Science. Le sujet est passionnant car ces deux conquêtes sont en effet souvent considérées comme diamétralement opposées. L’une convergeant vers une abstraction que l’on pourrait qualifier d’intérieure car propre à l’artiste – l’autre de réductionniste car figeant l’essentiel des questions posées par des concepts et des explications dites scientifiques.

A la lecture de ces articles ( cf note de bas de page), nous nous apercevons que les deux sont en fait complémentaires où en tous cas devraient l’être car allant dans la même direction.

En effet. d’un côté, nous avons  l’artiste enquête perpétuelle de la vérité, qui travaille à décortiquer les mécanismes des sens , du sens où de la société, mais qui cherche surtout à s’explorer lui-même afin de se découvrir et ainsi de mieux appréhender le monde dans lequel il interagit et cela;  d’une manière toute autre que le scientifique, qui va chercher à expliquer les mécanismes de la nature et de l’univers par des résolutions d’équations  et des procédés scientifiques –  la fameuse démarche expérimentale – (je ne vais pas dans le détails  car je n’ai pas les compétences scientifiques pour étayer davantage  mon explication^^).  Mais tout deux convergent vers  une  démarche identique  d’exploration. La quête du genre humain et les recherches aux questions fondamentales sur la nature de l’univers ?

Que faire alors ? Envisager des partenariats artiste / scientifiques pour prendre en compte et considérer les grands problèmes de demain et apporter des pistes  aux questions fondamentales et insolubles d’hier et d’ajourd’hui? Je pense que ce serait une solution plus qu’envisageable.  Surtout dans une époque  technologique comme la notre. Certains invoqueront peut-être un  risque de perte d’une liberté pour les artistes (qui pour le coup seraient affiliés à des marques..)  mais je pense que cela permettrait à l’art de se reconnecter au monde dans lequel nous vivons, de tenter une approche  pour répondre à des vraies questions fondamentalement humaine. Car la se place la vraie question de l’art – connecter les gens et le monde.  l’Art ne doit pas être là pour répondre à la demande d’un marché aussi fluctuant et fructueux (pour certains..) que celui de Wall street.   Le marché de l’art n’est devenu qu’une plate-forme de blanchiment d’argent.   L’Art n’est pas là pour la bourse.

Car au fond :  Quel est le rôle de l’artiste si ce n’est d’apporter des pistes exploratoires pour faire réagir la société.  L’art est un vecteur de communication, une alchimie.  L’art n’est pas propriété.

"Tout mon travail n'est des essais" A Giaccometti

"Tout mon travail n'est des essais" A Giaccometti

plus d’infos :

Seed mag -the future of Science is Art
Internet actu – de la relation entre l’art et la science

Où suis-je ?

Vous consultez les archives de mai, 2010 à Etat des faits.